Le régolithe est la couverture de matériau meuble et fragmenté — poussière, gravillons, roche brisée — qui repose sur la roche-mère. La Lune en est recouverte, broyée pendant des milliards d’années par l’impact incessant de micrométéorites, sans vent ni eau pour l’adoucir.

L’appeler « sol » est un raccourci commode, mais pas tout à fait juste. Le sol terrestre est vivant, parcouru de matière organique et de microbes. Le régolithe lunaire est stérile, aux arêtes vives, et chimiquement différent de tout ce qui fait pousser quoi que ce soit — plus proche du verre en poudre que de la terre de jardin.

D’où le caractère réellement frappant d’un résultat récent : des chercheurs sont parvenus à faire pousser des plantes dans du véritable régolithe lunaire, enrichi en nutriments. C’est difficile et les plantes peinent, mais cela fonctionne, et c’est ce qui compte.

La conséquence est économique. Ce qui pèse le plus lourd, pour maintenir des humains en vie loin de la Terre, c’est la chaîne d’approvisionnement. Si des colons peuvent cultiver leur nourriture dans le sol qui se trouve déjà sous leurs pieds — et utiliser le même matériau pour se protéger et construire —, le coût d’un séjour sur la Lune passe de l’impossible au simplement difficile.