La vitesse de libération est la vitesse à laquelle un objet qui s’éloigne d’une planète ou d’une lune va assez vite pour que la gravité puisse le ralentir indéfiniment sans jamais tout à fait l’arrêter. En dessous de cette vitesse, ce qui monte finit par redescendre. À cette vitesse ou au-delà, l’objet continue sa route.
Sa valeur dépend entièrement de ce que l’on quitte. Celle de la Terre est d’environ onze kilomètres par seconde — c’est pourquoi les lancements, ici, exigent des fusées énormes et gourmandes en carburant. Celle de la Lune est d’environ 2,4 kilomètres par seconde, moins du quart.
Cet écart résume à lui seul l’argument en faveur de la Lune comme site de lancement. Quitter la Lune demande une fraction de l’énergie nécessaire pour quitter la Terre, et c’est ce qui rend des idées comme un lanceur magnétique sans carburant physiquement plausibles là-bas et absurdes ici.
L’expression voyage bien au-delà de l’astronautique. Vous la retrouverez dans la « vitesse de libération de la longévité » — la même forme d’idée, empruntée : un seuil au-delà duquel on distance ce qui vous retient.
